Braz... heu non, Paraguay!

2e période de césure : décembre 2007 au Brésil... Mars au Paraguay...juin?

30 avril 2008

Welcome to Paraguay! (enfin)

terereVoici enfin un petit article pour présenter mon cher pays d’accueil… mieux vaut tard que jamais, et puis il est encore temps je ne suis toujours pas partie. Après mes difficiles jours dans l’intérieur de Sao Paulo, j’ai été donc accueillie par ce minuscule pays qu’est le Paraguay. Avec ses 6 millions d’habitants, sa moitié occidentale nommée le désert du Chaco (cf carte de la population], et ses pistes de terre, le Paraguay est surnommé ‘l’Afrique d’Amérique Latine’. FAO_popA entendre ça de la bouche des brésiliens tentant de me dissuader d’y aller, je m’attendais à quelque chose de bien pire. Au contraire je trouve un petit pays bien charmant, bien vert, avec des gens tranquilles… la tranquillité oui ! C’est le maitre mot ici ! L’activité principale est de s’assoir en cercle sous un arbre et boire le téréré. Le principe du téréré c’est un thermos de 2L rempli d’eau du puits (berk !) à laquelle on ajoute un bon gros glaçon. En parallèle on s’arme de sa guampa, en bois pour donner plus de gout, remplie de multiples herbes où l’on plonge la bombilla. La base du mélange d’herbes est en général un paquet d’herbes maté pour téréré acheté au super (marques campesinos, pajarito, et autres) auxquelles on ajoute un peu ce qu’on veut au bonheur de la cueillette. M’en demandez pas plus ! Dans l’eau on ajoute souvent de la menthe pour la sensation de fraicheur ou du citron. La bombilla c’est une paille de métal avec un embout qui fait comme un ballon percé de petits trous pour aspirer le jus mais pas les herbes ! hehe. Attention, à ne pas prendre à la rigolade c’est un véritable outil de sociabilité. Si tu acceptes de boire le téréré avec eux, tu fais partie du groupe, sinon tu reste un étranger. De plus ca te permet de rester éveiller pendant les longues réunions où tu comprends rien en guarani (très utile) ou simplement de ne pas mourir de soif. Je crois que ce qui me fait le plus rire c’est quand on me demande ‘tu sais boire le téréré’… bon je rigole, je me dis que je sais boire donc je vois pas pourquoi je saurais pas boire du téréré …bref j’ai toujours pas trouvé de réponse à leur donner, à part oui bien sûr… bref passons. et non, ne pensez pas au fait que tout le monde boit à la même bombilla... vaut mieux pas, conseil d'amie ;) . Le Paraguay est donc le pays détesté par les brésiliens et les argentins, à la réputation de voleurs et voyous… certes à la frontière c pas que du tout joli mais bon y’a quand même un intérieur et des gens qui bossent. Mais on oublie souvent qu’il n’y a pas si longtemps, avant la guerre de la triple alliance, le Paraguay était le pays le plus développé de l’Amérique Latine. Il possédait le train et plein de trucs sympa comme ca. Mais les jaloux Brésil, Argentine et Uruguay se sont alliés pour le démonter et ca a plutôt bien réussi. D’ailleurs après cette horrible guerre, la polygamie a été temporairement autorisée au Paraguay car il n’y avait plesque plus d’hommes… ha ! C’est pour ça qu’ils ont tous le même nom ! … le consanguinisme… [si c pour devenir des ventrachoux, non merci] Les paraguayens (au sens large je m’entends) sont plutôt calés sur l’histoire Européenne et en particulier française. Dans les journaux il y a souvent des nouvelles sur la France, ce qui m’a étonnée soit dit en passant. Ils doivent quand même aimer la France et les français, enfin pas encore au point d’envahir le pays car ils ont des petits problèmes pour apprendre le français… donc ils se contentent de l’Espagne pour les plus chanceux ou de l’Argentine pour ceux qui voyagent en bus (hé oui on n’est pas tous au même niveau !). En tous cas leur drapeau est très proche du notre car porte les mêmes couleurs : bleu blanc rouge… tout de suite ca fait moins exotique !

drapeau_wikipedia

Les paraguayens (au sens strict cette fois) sont de gros machos… là-dessus un gros travail à faire encore. On ne peut pas se tromper, ils sont latinos, quoique moins fugaces que les brésiliens en soirée. Cela ne les empêche pas d’être dragueurs, infidèles, et à tous âges bien entendu. Contrairement à ce que l’on peut s’attendre, ils ne sont pas tellement typés mais plutôt très métissés entre les indigènes, les allemands, les espagnols et les français. Pour ma part je suis une rubia (blonde ?!?)… va savoir. En tous cas je parais pas paraguayenne. Bon voilà, sur cette belle présentation je vais vous laisser, rêveurs et voyageurs. Bon vent !

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17 avril 2008

être surpris

Je ne comprends pas pourquoi je me sens si bien ici ni pourquoi je trouve ce pays si beau. Il est en fait tout simple. Après avoir parcouru les paysages enivrants de Madagascar, après tout, je devrais trouver tout cela commun. Mais justement, c’est peut être parce que je n’attends rien de spécial que je suis toujours surprise par le charme d’un tableau. Je saisis l’instant sans penser à autre chose. De la beauté en toute simplicité et sans comparaison.

Mardi matin, un ingénieur du CECTEC, un organisme local développant l’agro-écologie, vient me chercher dans mon beau dispensaire San Francisco. Nous partons alors en direction du sud est dans son 4*4 ma foi plus confortable que celui du CIRAD. On traverse sur des pistes en très très bon état de nombreux villages dont une partie comporte encore des communautés indigènes. La route est tracée et les paysages défilent. A la sortie de … on monte une côte. Des forêts abritent des petites fermes de pas plus de 10ha dont la moitié au moins est pour l’autoconsommation. Arrivés en haut, flash ! Changement de décor : les hauts arbres vert foncé ont laissé place à de grandes étendues jaunes ou marron avec des lignes bien faites de petites poussées vertes. On est entré dans le monde des sojistes [ma traduction du castellan ne rend pas si bien que ca mais je vous laisse comprendre le sens]. Ici, pas de place pour les arbres ni les petits paysans. Non on mécanise alors on veut du tout plat, tout droit et sans obstacles ! Finalement, ce spectacle au coucher du soleil a son charme. Je ne connaissais pas une telle diversité au Paraguay, ca ressemblerait presque à certaines régions de France. Mon pilote se met donc à pestiférer contre ces grands producteurs de soja transgénique mécanisé qui contamine tout et envahit tout. Ce sont les brésiliens, les allemands et d’autres sans doute ! halala… il faut qu’on s’organise pour lutter. Les petits producteurs, tu vois, par là…, ils font de la résistance sociale ! ha oui il faut s’organiser pour lutter contre les sojistes.

C’est un discours dont les mots clés ‘organisation’, transgénique et biologique sont revenus à maintes reprises lors de ces 4 jours passés auprès du CECTEC.

Nous arrivâmes enfin à la nuit tombée (bon c’est facile, elle tombe à 18H)… hé au fait non ! Il faisait encore jour je dis n’importe quoi… c’est vrai que ça sonnait bien.

Peu après notre arrivée je crois que j’ai dormi un peu, assommée par je ne sais quoi. Mais avant cela j’ai eut le temps de tâter un peu le terrain. Je me trouve en fait dans une école agro-écologique pour jeunes fils et filles d’agriculteurs. Cette école a l’ai de bien fonctionner. En faisant un petit tour j’ai pu ressentir cette tranquillité de la vie saine et sereine qui règne ici. L’école a été construite dans une forêt. Les bâtiments sont en briques rouge sombre et en bois. Des chemins de dalles sont tracés sur le sol reliant la cantine aux dortoirs, à la salle info, au terrain de volley…etc. La forêt est propre et entretenue laissant les araignées établir leur règne entre les branchages des cicas. Ici chacun a sa tache, entre les animaux et les potagers. Me voici à l’aurore dans un lieu des plus agréables… encore une surprise !

Un autre surprise fut Pedro qui cogna à ma porte le lendemain matin pour m’appeler au petit déj. Après une nuit de tourne et retourne entre chaleur étouffante et des moustiques qui tenaient absolument à me faire un concert malgré mon répulsif intensif. Au menu, prière, pain maison au blé complet et un truc bizarre : le cocido au lait. C’est une sorte de thé un peu brûlé je crois, que l’on mélange avec du lait chaud, et l’on y rajoute des herbes de je ne sais quoi… bref pas très appétissant mais dès le 2e jour je m’en régalerai aussi. Les jeunes se réunissent matin et soir après manger pour parler de leur journée et faire un bilan des points positifs et négatifs. Pourquoi pas ? Il y eut un moment où ca m’a fait penser un peu à Grignon mais finalement non ; définitivement non !

Durant 2 jours je suis allé rencontrer des paysans pour parler de leur expérience dans le coton bio (ou pas). Ces gens sont vraiment merveilleux. Je ne vous ai pas encore raconté que la coutume est de se faire la bise entre femmes même si on ne se connait pas. Cela instaure un peu comme une complicité, comme si j’étais déjà adoptée par la maison. Ensuite on s’assoit en rond à l’ombre et au frais et on boit du téréré le plus souvent distribué par le plus jeune. J’ai rencontré des gens très agréables et généreux. J’ai récupéré une mixture de cacahuètes et mais à prendre avec du lait pour le petit déj et du sucre marron d’une senteur merveilleuse.

Aujourd’hui on est vendredi et je dois partir demain vers 5h pour prendre un bus qui m’emmènera jusqu’à Encarnacion où je compte retrouver des amies d’Asuncion pour faire du tourisme.

<Petit mot de la fin ? Je vous dirais juste de vous laisser surprendre car la surprise est la meilleure façon d’aborder la vie pour éviter l’ennui et savoir apprécier ce qui se présente à nous ;) >

 

Posté par Jul en vadrouill à 17:12 - Le Paraguay - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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